Questions / Réponses
En dix années de vol en montgolfières,
nos passagers, leurs accompagnateurs mais aussi les spectateurs
m’ont posé beaucoup de questions. Nicolas qui lui
est aéronaute depuis plus de trente ans sur ballon à
air chaud mais aussi en ballon à gaz est une "sommité"
reconnue dans le monde de l’aérostation. Nous avons
essayé, sur cette page, de répondre au plus grand
nombre. Si vous ne trouvez pas réponse à la vôtre
n’hésitez pas à nous écrire.
La Montgolfière :
De quand ca date ?
: Le 4 juin 1783, la première montgolfière s’élève
à 1000 m, c’est la première machine volante,
c’est « révolutionnaire »
Comment ça marche ? :
Une montgolfière est un ballon à air chaud. L’air
chaud étant plus léger que l’air froid, si
vous mettez une bulle d’air chaud dans un océan d’air
froid, cette bulle va monter. C’est le principe d’Archimède
(tout corps plongé dans un fluide subit une poussée
de bas en haut égale au poids du fluide déplacé)
La bulle d’air chaud ne va-t-elle pas se mélanger
avec l’air froid comme de l’eau chaude avec de l’eau
froide ? : L’air est adiabatique, ce qui veut
dire qu’il ne se mélange pas facilement, il n’échange
pas facilement sa température, à la différence
de l’eau, une bulle d’air chaud reste bulle et chaude
longtemps.
Mais encore ? : Non seulement cette
bulle d’air chaud monte dans l’air froid, mais si
vous la chauffez suffisamment, elle va pouvoir monter un certain
poids avec elle. 1m3 d’air chauffé à 100°
dans de l’air à 15° porte 279 grammes ! Donc,
notre montgolfière de 2550 m3 peut emporter 771 kilogrammes.
771 kg ?
: Oui, mais auxquels il faut retrancher la nacelle : 70,5 kg,
l’enveloppe (où l’air est emprisonné)
117 kg, les deux cylindres de propane 100kg, le brûleur
et tout l’accastillage en comptant votre pilote : 380 kilos.
Donc nous pouvons emmener 391 kilos de passagers quand il fait
15° et à 10 m d’altitude.
Comment
chauffe-t’on ? : Au dessus de la nacelle,
un brûleur, qui fonctionne avec du propane liquide contenu
dans deux cylindres en acier disposés dans la nacelle,
permet de chauffer l’air contenu dans l’enveloppe.
Sa flamme atteint une température de 1920°
Finalement c’est simple ? : Pas
tant que cela, plus vous montez en altitude moins l’air
est dense, moins votre bulle d’air chaud va porter. L’air
à 15° n’est que rarement à cette température
en été et plus il fait chaud à l’extérieur
moins votre bulle d’air chaud va porter plus il faudra chauffer.
Selon l’altitude, la température, le poids des passagers
nous allons adapter nos temps de chauffe et la température
à l’intérieur de l’enveloppe.
C’est tout ? : En fait, non….
L’enveloppe où l’air est emprisonné
est poreuse, les frottements de l’air froid, le vent sur
la toile, les montées et les descentes refroidissent l’air
chaud.
Pour résumer ? : Une montgolfière
est une machine aérostatique où tout n'est question
que d’équilibre entre l’air « froid »
ambiant et l’air chaud contenu dans l’enveloppe, un
peu plus chaud vous montez, plus froid vous descendez. Aux pilotes
de ressentir cet équilibre et de s’adapter aux conditions
en permanence.

Nomenclature
de notre montgolfière Juliette-Roméo
(les deux dernières lettres de son immatriculation
en langage aviation)
Notre
Montgolfière est de marque Lindstrand qui est souvent comparée
à la "Rolls" du ballon à air chaud, même,
s'il est vrai, que les pilotes de montgolfières sont comme
les motards, tous persuadés d'avoir la meilleure machine.
Quelques marques sortent du lot, dont Linstrand
Elle
est constituée d'une nacelle
en osier (matiériau noble et souple), d'un plancher en
bois (épais) recouvert d'une mousse pour le confort. Le
tout est entouré par deux câbles d'acier qui portent
la nacelle et ces passagers, ces deux câbles sont reliés
au cadre de charge qui lui enserre le brûleur et est fixé
à l'enveloppe.
Notre
nacelle pèse 70 kilos, c'est ici que l'on voit l'intérêt
de l'osier, flexibilité et légèreté.
Elle contient 2 réservoirs amovibles appelés cylindres
de 50 kilos chacun (une fois pleins) contenant 35 kilos de propane
en phase liquide. A l'intérieur de la nacelle vous trouverez
un sac de vol avec tout le nécessaire du pilote comme les
cartes, une trousse de premier secours, un sifflet, une bouteille
d'eau, un encas (s'il besoin s'en faisit ressentir). Il faut encore
rajouter un extincteur, l'on est jamais trop prudent ! Un altimètre,
c'est le minimum obligatoire réglementairement. Aux Montgolfières
de Falaise nous ajoutons une radio, un variomètre, un GPS
(il nous donne notre vitesse de déplacement et notre cap,
ce qui est bien pratique) parfois un transpondeur et toujours
un téléphone portable.
Le
cadre de charge et son brûleur
sont maintenus au-dessus des têtes des passagers et du pilote
par des tiges (cannes) en Teflon
afin d'éviter que lors de l'atterrissage les passagers
ne prennent le brûleur sur la tête comme c'était
le cas encore au début des années 70 (1970). Le
long des cannes courent les câbles qui tiennent la nacelle
et autour des cannes et des câbles nous avons une protection
que nous zippons avec une fermeture éclair qui se nomme
les pantalons.
Nos
deux cylindres en acier sont reliés à notre brûleur
et fournissent deux veilleuses en propane et en phase liquide.
Le brûleur est lui aussi alimenté en phase liquide
et délivre une flamme à 1970°. Sa mission est
d'amener et de maintenir les 2550 mètres-cubes d'air contenus
dans l'enveloppe à plus ou
moins 100 degrés.
L'enveloppe
(117 kilos) est accrochée au cadre de charge par des câbles
de liaison qui prolonge chaque sangle
de charge verticale (donc 24). L'enveloppe est partitionnée
en fuseaux et constituée de
deux tissus différents (d’où sur le Juliette
Roméo, la différence de teinte que vous pouvez observer).
L'une est plus résistante à la température
et à la déchirure (dans le cas de touchette avec
une branche ou du fil de fer barbelés lors de l'atterrissage)
que l'autre, mais est cinquante pour cent plus lourde et donc
l'on préfère la réserver au haut du ballon
qui subit le plus fort des échanges thermiques. A l'intérieur
de l'enveloppe, vous verrez une "flamme" de tissu rouge
accrochée sur le haut. C'est un "fusible"
constitué de deux plaques de métal assemblées
qui se dissocient à 120 degrés (alors la flamme
tombe dans la nacelle, informant le pilote d'un problème).
Le tissu de l'enveloppe résiste à 160°, l'usage
est à 100°, la flamme tombe à 120° chaque
dizaine de degré sur notre ballon portent 50 kilos, donc
il faudrait être plus ou moins à 300 kilos de surcharge
pour atteindre les limites de constructions de la montgolfière,
comme vous le voyez les limites sont lointaines.
Le
scoop sert à canaliser le vent et donc l'air chaud
vers l'interieur de l'enveloppe.
Tout
en haut, au niveau de la couronne,
nous avons le "parachute".
Ce parachute est relié à une corde jusqu'à
la nacelle, il permet lors de l'atterrissage d'ouvrir le fond
(en haut) du ballon afin de laisser sortir de l'air chaud en grande
quantité afin d'éviter que le ballon ne se comporte
comme un kangourou et ne parcourt trop de distance avant de s'arrêter.
Une corde dite de couronne est aussi installée en haut
du ballon mais celle-ci est solidaire de l'enveloppe, elle sert
à maintenir le ballon au sol pendant la chauffe afin d'éviter
qu'il ne se relève trop tôt et trop vite ainsi qu'a
tirer l'enveloppe lors de l'atterissage..
Sur
certains ballons, vous avez pouvez avoir aussi des ventaux latéraux
qui servent a faire pivoter le ballon d'un côté ou
d'un autre, vous les trouverez sur les montgolfières de
plus de six passagers car ces nacelles sont rectangulaires et
à la différence du Juliette-Roméo ne peuvent
pas se poser sur n'importe lequel des ses quatre côtés
mais sur un seul. Sur ces mêmes ballons vous trouverez aussi
un "vide rapide", chaque marque ayant déposé
un nom différent. Ces systèmes permettent d'ouvrir
grand et large en une manœuvre le parachute facilitant encore
s'il le fallait l'atterrissage.